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Nogochi: Les esprits ont parlé, Sibiri l’élu ?

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Rupture, ce premier film de Toumani Sangaré, jeune réalisateur malien et français rompt avec le narratif onirique traditionnel du cinéma africain. Sous le prisme de l’anthropophagie, assumé car il est question là pour le réalisateur de poser un regard franc sur certaines pratiques occultes en Afrique, d’où le choix de deux toiles de fonds représentatives de ses deux mondes. La colonisation et le cannibalisme comme sujets portent le film dans son ensemble, dans une lutte implacable de conquête de pouvoir et de préservation d’un territoire durement acquis. Les personnages polis par l’hostilité de cette nature sauvage où le danger rôde par la prédation de Waraba ( Aissata Boucary Maiga) la cannibale évoluent dans un écosystème qui n’épargne guère.

D’une tension maîtrisée au millimètre près, Nogochi dévoile une intrigue triangulaire, un film choral dans lequel se noue des drames personnels. Quelle en sera l’issue pour les protagonistes du film? Voir le film. Nogochi est une épopée fantastique dans l’Afrique coloniale des années 1882. Le film commence par une image époustouflante, d’un bateau qui échoue sur les rivages du Mandé. Sibiri un jeune afro-américain est récupéré par Benkoro, chasseur donso d’une tribu porteuse de valeurs issues de la Maaya, l’humanité, gardienne d’un temple sacré. Il est à la fois un récit de mémoire, doublé d’un conte universel bâti sur des codes  modernes. Des codes cinématographiques, un hommage rendu aux influences de cinéphile du cinéaste: Sergio Leone, Quentin Tarantino, Francis Ford Copola.

Dans sa démarche,  le réalisateur compte porter au monde toute la richesse du Mali à travers sa riche culture, ses beaux paysages, ses danses athlétiques et chants mystiques. Rêver, oui on rêve devant les photos panoramiques, au delà des émotions qui prennent aux tripes le spectateur. Si vous aimez le sensationnel, les frissons: les frissons vous garderont éveillés des heures durant. Une claque le film de Toumani Sangaré est une vraie claque pour les amoureux du cinéma. L’esprit de Nogochi représente un diagnostic douloureux exorcisé dans le récit des faits pouvant exister, jusqu’à la décision finale des esprits. Le mal sous toutes ses formes ne devra exister sous aucun prétexte. Tous les ingrédients sont bien ficelés.

A la question si le premier tableau de Nogochi se réfère au Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, le réalisateur nous confie avoir une mémoire photographique depuis l’enfance, la référence sans doute inconsciente à cette toile de Maître, vue au Louvre fait appelle à une culture générale qui sert la somme d’un processus de création. Les amoureux de musique de film y trouveront également leur compte.

Toumani Sangaré demande au public malien, africain, d’avoir foi à l’industrie cinématographique du Mali et du Continent. “Le Mali compte aujourd’hui des jeunes réalisateurs qui en veulent, des mentors excellents réalisateurs maliens et du continent qui leurs tiennent la main. Au public d’être en salle et le cinéma malien se portera très bien. Le film Nogochi est un film malien à 98%, ayant reçu par le billet d’un financement participatif et la confiance d’opérateurs économiques. Nous pouvons allez plus loin en joignant nos forces.” TS.

Le film Nogochi dont l’avant-première a eu lieu le 19 septembre dernier, sort le 10 octobre en salle au Ciné Magic. Il devrait bien se porter. N’attendez pas de le voir dans vos salons sur petit écran, vous y perdrez l’essence même de ce film. L’équipe de Mali Culture a vu le film, tous, nous votons les trois cartons pleins pour Nogochi.

Le film est sacré meilleur film au TAFF de Dallas  et prix du meilleur scénario au Africain International Film au Lagos (Nigéria), courant 2019. Le seul regret est qu’il n’ait pas été choisi au dernier FESPACO, il aurait donné toutes les chances au Mali de devenir Etalon de Yennenga des 50 ans du FESPACO, signant du même fait une rupture avec la poétique du cinéma africain. Le réalisateur regrette simplement la mise à l’écart de son film et ne comprend pas les arguments donnés. Bref, de nouveaux projets en chantier il garde foi en toutes fois des autres grands rendez-vous cinématographiques.

Avec des films comme Barkomo, Policikè, Nogochi et bientôt Sheitan le cinéma malien signe un retour salvateur en salle. Et si on continuait à se donner rendez-vous au cinéma toute l’année?

Nogochi, c’est l’épopée d’un premier film audacieux, réussi!

Dia Sacko

 

 

 

 

Mali: Le Bogolan, Une merveille Africaine éclipsée

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Le bogolan : un tissu traditionnel africain qui remonte à une époque assez lointaine de l’Afrique. Il est le fruit d’une technique traditionnelle propre aux africains et très développé dans la communauté malienne sous diverses formes. Le Bogolan a une histoire contradictoire et selon l’universalité de la tradition orale.
Bon nombre de thèses existent sur l’appartenance sociale du Bogolan. Abdoulaye Mariko artiste peintre et artisan de Bogolan nous confie que selon sa connaissance en la matière, le Bogolan fut découvert par une femme qui était partie au marigot pour prendre de l’eau. Cette dame portait du <<Nanguiné >>, à sa sortie du marigot elle s’est rendu compte qu’une partie de son pagne était bouée par le banco du marigot. Arrivée à la maison elle lava le pagne pour enlever la boue mais la couleur que le <<N’galama>>, qui a force d’être trempé dans cette l’eau s’était <<décoté>> avait teint son pagne. Alors elle y retourna prendre du banco de ce marigot pour venir se mettre à teinter des pagnes en Bogolan. D’où l’appellation « BOGO » qui signifie en Bamanankan banco et « lan » expression Bambara qui signifie « sortie de ».
Connu sous le nom Bogolan, ce pagne est fabriqué en partie générale par un tissu du nom de <<Daliba>> à l’époque qui était fait à base de fil de coton artisanal y compris le tissu. Ensuite trempé dans la décoction d’une plante africaine appelée <<N’galama>>. De nos jours avec la disparition des techniques ancestrales et la venue de la nouvelle technologie on gagne du temps avec cela par le biais des textiles, le << daliba>> a disparu pour donner place au <<Nanguiné >> Ce pagne une fois trempé prend la couleur initiale du Bogolan.
L’une de ses appartenances sociales fut son usage par les hommes de cultes, les chasseurs, et les personnes qui ont connues des situations funèbres à savoir la perte d’un mari, d’une épouse, d’un enfant et d’autres. En cette époque le deuil se portait par un habit blanc. Ainsi après cette période de deuil, on donnait le Bogolan à la personne. Pour les chasseurs et hommes de cultes la merveille éclipsée était faite par le <<Tiangara>> une plante africaine ou encore par le << Pekoun>> ou raisin sauvage. Nous a confiés Maoua Koné artiste peintre et artisan du bogolan.
Plus tard le bogolan a su séduire la société malienne qui en fit un mode d’accoutrement et petit à petit il est devenu une industrie culturelle. Et aujourd’hui les gens en font même des motifs en créant des styles avec ce tissu trempé.
La couleur initiale du Bogolan est jaunâtre, après cette phase on passe aux ornements par objet ou dessin puis suivra le deuxième trempage qui lui donne sa dernière couleur. Il fut porté à un moment donné de notre histoire par toutes les classes au Mali et sous différentes formes. Ces différents Bogolans se distinguent par les ornements et les colorations. Celui des femmes, et des enfants peuvent porter des ornements comme une marmite, une flèche, une case et celui des chasseurs et des hommes de culte se distingue par la couleur et des objets dessinés dessus. Ces couleurs sont trouvées par un mélange de plante à savoir le <<LELE>> qui à l’initiale est jaunâtre également mais mélanger au <<N’galama>> donne du vert. Pour ce qui en est du << ZOROBLEN>> qui est un type de Bogolan réservé uniquement aux donso et aux hommes de cultes est de couleur rouge et porte des miroirs et autres objets relatives à la chasse et au culte. Ce rouge est à base de <<PEKOUN>> ou encore avec du << N’gaba blen>> qui donne du rouge léger.
Aujourd’hui cet héritage culturel est éclipsé par l’acculturation et l’interpénétration culturelle qui prennent le dessus sur notre culture. Abdoulaye Mariko affirme que le Bogolan est symbole de l’africanité et de richesse culturelle car cela émane de nos aïeux et que nous devons tout faire pour le garder afin de ne pas commettre le péché de le perdre à jamais.
Après constat dans la société, le bogolan est éclipsé par les tenues occidentaux et du Moyen-Orient. Au manque de ne pas y faire attention, toute une culture entière est risquée avec le bogolan. L’une des manières les plus essentielles dans la transmission d’une culture est aussi le style vestimentaire. L’identité culturelle de notre société est en train de disparaître car la disparition du bogolan, qui constitue plus qu’un style vestimentaire chez nous, est un héritage culturel qui a toute une histoire à ses dépens.
Fama Mademba Sacko

Tiken Jah Fakoly à l’IFM: une rentrée musicale en vibration

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La rentrée artistique de la saison 2019 de l’institut français du Mali a démarré comme prévu avec un concert live de l’artiste reggaeman Tiken Jah Fakoly. C’était ce samedi 14 septembre 2019 à la salle de spectacle de l’IFM.

A 20h 30 minutes commence le concert de Tiken Jah Fakoly avec un show du groupe de reggae Kabe Zion, suivi d’un jeune reggaeman Folio Le Nuage qui a rendu un hommage à l’artiste Fakoly.

La salle de spectacle de l’Institut Français comble justifie de la réponse massive du public à l’appel de l’artiste qui peut, mettre du temps à le voir jouer au Mali. Entraînante le flow de l’orchestre de TJF réchauffe assez rapidement l’atmosphère. Tiken Jah Fakoly apparait sur scène après une heure d’avant-première accordée à la jeune scène musicale du Mali. Le public maitrisant son répertoire, l’accompagne bien volontiers. L’Afrique au cœur de l’œuvre de Tiken Jah Fakoly, l’artiste choisit dans son dernier album de s’adresser directement à la jeunesse africaine, en appelant à sa responsabilité. Entend-on《L’Afrique un des continents le plus riche avec la population la plus pauvre. Si nous partons on voit le progrès des autres, on doit travailler pour avancer nous aussi》

Ce concert est aussi le lieu de rendre hommage à deux des icônes du panafricanisme. En fond de scène, des portraits géants de Mandela et de Lumumba trônent.  Le message de Tiken Jah Fakoly apparait au fond comme une prêche marquant chaque temps fort de son concert.

Le chanteur à la barbe désormais blanche, assumée, revient sur des titres phares de sa carrière:  » le balayeur a balayé, ouvrez les frontières ont vibré les murs et la scène de l’IFM.

« Le monde est chaud », titre de l’album de Tiken Jah Fakoly,  il n’y a pas à dire les guerres incessantes qui en témoignent.

 

Fama Mademba Sacko

 

Bogolan: la reconquête d’une merveille malienne éclipsée

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Le bogolan: tissu traditionnel africain remontant à une époque assez lointaine revient en force après être éclipsée par le wax et la bazin, au Mali. Il est le fruit d’une technique traditionnelle propre aux africains et très développée dans la communauté malienne sous diverses formes, le Bogolan est beaucoup plus pratiqué au Mali et ancré dans le quotidien du malien. Le Bogolan a une histoire contradictoire et selon l’universalité de la tradition orale. Bon nombre de thèse existent sur l’origine du Bogolan.

Connu sous le nom Bogolan, ce pagne est fabriqué en partie à partir du tissage de coton, dénommé <<Daliba>>. Le Daliba soumis au trempage dans la  décoction d’une plante africaine appelée <<N’galama>>. Le résultat obtient le bogolan. De nos jours avec la disparition des techniques ancestrales et la venue de la nouvelle technologie on gagne du temps avec cela par le biais des textiles, le << daliba>> a disparu pour donner place au <<Nanguiné >> Cet autre pagne une foie trempé prend la couleur initiale du Bogolan.

L’usage réservé au bogolan se trouve dans les niveaux profanes et initiés. Les hommes de cultes, les chasseurs sont les plus représentatifs de cet usage. De valeurs thérapeutiques, le bassilan, une autre typologie destinée à la guérison des garçons circoncis. En période de deuil,  cette époque le deuil se portait par un habit blanc.

Le tissu bogolan fabriqué à base de banco (terre) macéré(e) et du <<N’galama>> était enjolivé, décoré par des designs pour la décoration et les tenues de villes, celui des chasseurs et hommes de cultes dont la technique réservée s’obtenait à partir de <<Tiangara>>, une plante ayurvédique ou encore par le << Pekoun>> ou raisin sauvage. Maoua Koné artiste peintre et artisane du bogolan nous a confiés ces précisions.

Dans son usage moderne, le bogolan séduit en s’offrant une nouvelle jeunesse. Du mystique au profane, son affirmation dans le Mali d’aujourd’hui par la passion des Stylistes maliens comme Mariétou Dicko, Mariah Bocoum, deux ambassadrices de la toile ocre, avec la bénédiction de l’avant-gardiste à la matière Chris Seydou, le bogolan n’a pas fini de se conter.

Fama Mademba Sacko

 

Tiken Jah Fakoly, dévoile son dernier album « le monde est chaud »

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Pour sa rentrée artistique, l’Institut Français du Mali IFM met en tête d’affiche l’artiste chanteur Tiken Jah Fakoly pour un concert live prévu le samedi 14 septembre 2019 dans la salle de spectacle de l’IFM. Un concert qui fera l’objet de présentation du nouvel album de l’artiste Moussa Fakoy Doumbia alias Tiken Jah Fakoly.
Conscient de tout le bien être qu’il procure à son public en matière de spectacle musical, l’institut français du Mali décide après la saison artistique de 2018, d’ouvrir celle de 2019 avec le géant de la musique reggae Tiken Jah Fakoly, et mieux pour une présentation de son nouvel album. Cet album comme tant d’autre à son compte est tout à fait révélateur des maux du monde actuel. Avec des titres comme « N’gomi; Dieu nous attend; Kodjougou et d’autre…. » l’artiste interpelle tout un chacun à faire face à ses responsabilités afin que nous puissions vivre dans un monde paisible et profitable à tous.
Absent sur les scènes de concert au cours de ces deux dernières années, l’artiste sort du silence avec son nouvel album composé de dix titres qu’il a baptisé « le monde est chaud » publier en mai 2019. Après la dédicace le 12 juillet 2019, à l’espace culturelle radio libre à la cité Unicef de Niamakoro il revient avec « le monde est chaud » sur scène pour une nouvelle présentation le 14 septembre à l’institut français du Mali à partir de 20h.
Avec une dizaines d’album à son actif, nous nous rappelons des morceaux de Tiken Jah qui ont fait bouger la planète terre. Avec des titres comme « quitte le pouvoir; ouvrez les frontières; y’en a marre… » le raggae man, véritable ambassadeur de l’Afrique chante les problèmes de son époque.
Tiken Jah, aujourd’hui nous présente un album qui témoigne sa fidélité. Les réalités de son époque le préoccupent et il en fait des chansons tout en passants des messages positifs en dénonçant la délinquance politique, sécuritaire pour ne citer que ceux-ci.
Ayant habitué ses fans à des concerts géants en show et vision, l’artiste ne compte pas tourner le dos à son charmant public de sitôt. Le featuring avec Soprano sur le premier morceau qui porte le nom de l’album « le monde est chaud », a fait le buzz sur YouTube et dépasse largement les deux millions de vues. Ce morceau a également été repris en mix studio avec Djely Tapa.
Le monde est chaud c’est sûr, mais une chose est certaine ce concert promet du spectacle tant sur le plan musical que dans son contenu.
Fama Mademba Sacko

Association lecture vivante

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Association de lecture de vivante
Association de lecture de vivante

Ce présent Document mise en oeuvre par l’association lecture vivante toujours dans sa dynamique de promouvoir la culture et l’écriture au sein du mali et de Tombouctou en particulier!
Cette initiative est venu du manque de documentation et de plate forme de promotion et de vulgarisation de la jeune plumes Tombouctienne sans exclure la promotion du patrimoine culturel du mali
C’est dans cette optique là que lecture vivante lance cette revue pour mettre l’accent sur les jeunes qui écrivent, les faires connaître aux populations, créer ce bulletin d’information et formation entre les écrivains et la communauté, le public!
Cette revue comporte différentes rubriques à savoir …
1: Patrimoine culturel
2:portrait
3: barkan
4: jeûnes plumes
5: pour les journée éducative et culturel au sein des différents écoles de la ville
Le Patrimoine culturel: Il s’agit là du patrimoine matériel et immatériel ,une façon pour lecture vivante de rendre les lieux touristique comme les mosquées, les mausolée, les Bibliothèque, les cimetière, les tombes des différents saints… Accessible à travers leurs publicités, connaissable pour ce qui ignorent leurs existence et faire connaître leurs valeurs aux yeux des jeunes tombouctiens chargé d’assurer la relève de demain
Portrait : rendre visible toutes ces personnes qui ont marqué leurs temps ,que cela soit avec l’histoire où avec des actes posée
Jeunes plumes : Présenter à la communauté les jeunes écrivains qui y sont pour établir un contact entre eux afin qu’il puissent échanger sur les livres.
Fatouma Boré

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Salif Keita l’itinéraire en lettres

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L’auteur-compositeur malien Salif Keïta fête ce 25 août ses 70 ans. Cette année 2019 marque aussi les 50 ans de carrière de cet artiste dont le parcours, les créations, mélodies et messages parlent à des milliers de fans à travers le monde… Nous avons tenté, en quelques lettres, de dresser un abécédaire de ce riche itinéraire dont Salif lui-même a dit que la partie discographique s’arrêtait avec son dernier album en date, Un autre Blanc (Naïve Records,  2018). Ce portrait  mêle anecdotes, éléments de biographies, analyses et explications de textes, évocations d’étapes et d’événements importants, de compagnons de route…

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== ABIDJAN : la capitale économique de la Côte d’Ivoire, où il arrive avec le groupe Les Ambassadeurs en août 1978, a été une étape importante dans l’itinéraire de Salif Keita. Ville en plein essor, en raison de l’explosion des cours du café et du cacao – dont la Côte d’Ivoire est l’un des plus grands producteurs – Abidjan devient une plaque tournante de la musique africaine avec de nombreux labels et des studios, où les conditions de travail sont meilleures et les opportunités plus nombreuses. Ils y vivent dans une villa. Entre 1977 et 1978, la situation politique au Mali se dégrade. Plusieurs personnalités politiques protégeant l’orchestre sont arrêtées. Manfila Kanté et ses musiciens émigrent. C’est lui qui, devant le durcissement du régime militaire au Mali, pousse le groupe à émigrer à Abidjan, qu’il connaît pour y avoir séjourné dans les années 1960. C’est en 1984 que Salif Keita quitte Abidjan pour retourner à Bamako, mais sa participation au Festival des musiques métisses d’Angoulême (France) le révèle au public européen.

== ALBINOS : en 2005, un an après son retour (définitif) au Mali, Salif Keita crée sa fondation pour la défense des albinos au Mali, qui porte son nom et vit grâce à sa notoriété et à son engagement. L’artiste est né albinos, et a souffert de cet état que, à sa naissance, ses parents ne pouvaient pas comprendre le fait de donner naissance à « un Noir à la peau blanche ». « La tradition a attribué et attribue à l’albinisme un passé maléfique. Ce qui a rendu beaucoup plus difficile la vie aux albinos », disait Salif Keita à la sortie de son album La Différence (Universal, 2009), dans lequel il parlait pour la première ouvertement de cela. L’assassinat d’albinos au Burundi et en Tanzanie lui avait donné une occasion de le faire. « Les Africains, on ne peut pas les brutaliser, parce que c’est culturel, ajoutait-il. Il est difficile d’effacer ou de lutter contre cela avec violence. Je pense qu’il faut sensibiliser les Africains et les gens qui pensent de la même manière que les Africains…Moi, je suis un chanteur ; j’ai fait une chanson sur la différence. Toutes les différences ont été créées par le bon Dieu. » Il a vécu une enfance faite d’injures, de rejet, d’humiliations et de mépris. A l’école, il ne peut suivre normalement les cours, certains de ses camarades le prenant pour « un enfant de malheur ». Et quand il voulu devenir instituteur, l’administration n’a pas voulu, estimant qu’il aurait fait « peur » aux élèves. Ainsi rejeté partout, il s’intéresse à la musique, même si la tradition voulait que lui, le « noble » n’en fasse pas. Ses parents qu’il finit par convaincre ne voulaient pas, parce que pour eux, il y avait mieux à faire. Mais ce n’est pas pour échapper à une quelconque condition qu’il a opté pour la musique. S’il est devenu musicien, c’est par vrai amour pour ce métier. C’est ce qu’il explique avant la sortie de l’album Talé (Universal, 2012) : « Je ne suis jamais monté sur scène parce que je suis albinos, c’est sûr. Je suis monté sur scène parce que je voulais faire ce métier. Peut-être le fait d’être albinos m’a amené vers ça. Pourquoi ? Parce que, tout de suite j’ai eu de l’amour pour la musique, qui était une façon de me consoler. Mais je suis sûr et certain que c’est Dieu qui m’a donné une porte de sortie. C’est sûr. C’est Dieu qui m’a donné cette opportunité, et c’était très bien pour mon équilibre. »

== AMBASSADEURS DU MOTEL : Salif Keita a rejoint Les Ambassadeurs du Motel en 1973 pour relever de nouveaux défis artistiques lui permettant mettre en valeur son potentiel individuel et de créer de nouvelles mélodies. Le groupe, dirigé de main de maître par le guitariste guinéen Kanté Manfila, jouit du parrainage de Tiekoro Bakayoko, puissant responsable de la sécurité au sein du régime de Moussa Traoré, passionné de musique qui protège jalousement les Ambassadeurs. Le Motel est le fief du groupe qui a été baptisé parce que plusieurs de ces musiciens sont originaires de pays voisins du Mali. Manfila Kanté, compositeur et arrangeur de talent, a été pour beaucoup dans l’arrivée de Salif Keita dans l’orchestre qui se distinguait par un réarrangement de mélodies et rythmes du patrimoine mandingue. Le Rail Band, groupe rival où Salif a évolué entre 1969 et 1973, les musiciens se contentaient s’interpréter des standards mandingues. Et la créativité et le leadership dont lui et Manfila Kanté ont fait montre au sein des Ambassadeurs – un véritable partenariat artistique – donnent l’enregistrement de 45 tours à partir de 1975, d’un album en 1976, qui sera suivi d’autres.

Aboubacar Demba Cissokho

FASO DIBI : quand le savoir-faire du Dibi-Sôgô (viande rôtie) se transporte hors du Mali

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Depuis Néanderthal l’homme est un carnivore assumé, l’ancêtre de l’homme moderne se nourrissant à 80 % de viande de grands mammifères, sa descendance du Sud du Sahara est fin connaisseur et amateur d’une viande très particulière. Le Dibi-Sôgô. Hummm, déploiement de sens au simple fait d’invoquer son nom, les papilles se remplissent d’eau. Le voyage de sens à travers les rues de Bamako, de Ndjamena, de Niamey peut commencer, embarquement dans les saveurs de l’oignon accompagné d’un mélange de poudre, magique, exhausteur de goût et de sens.

Une douce odeur de barbecue, cuit au feu de bois pour une découverte unique. Le Dibi-Sôgô c’est aussi l’histoire d’une extraordinaire expérience de gourmets.

De la gastronomie malienne c’est celle qui fédère tous les maliens de toute ethnie, de tous horizons.

Plus qu’une madeleine de Proust, le Dibi est ce lieu commun gustatif qui réunit tous les amateurs de viandes rouges et du thé. OUI le Dibi fonctionne avec le thé. Depuis des décennies les maliens et certains autres pays de la sous région exporte en papier ciment bien nettoyé, désormais papier de lait en poudre aux Etats-Unis, en France, partout dans sa diaspora se trouvant en manque de cette viande dont la seule évocation transporte dans les méandres du bonheur et des sens. Après les épiciers (boutiques) nos paysages luisent par bien de Dibiterie dans nos quartiers. Au départ pour la majeur partie ouverte le soir, certaines officines «  pharmacie du bonheur » sont ouvertes H24. Si Appolo en Maître sur la ville des Trois Caïmens a conquis les cœurs c’est au tour de One Close de nous faire déplacer d’un point à l’autre de la ville. Pour ma part j’ajouterai le Kilimandjaro à Hamdalaye ACI.

Et depuis juillet dernier j’y ajoute Faso-Dibi de Paris. En expatriation le Dibi-Sôgô fait partie des mets du Mali qui manque terriblement, sens il est par son odeur.

Il s’appelle Saba Aba Traoré, jeune malien de la Diaspora, vivant en France s’installe avec son initiative de transporter le goût véritable du Dibi-Sôgô à Paris. La belle idée ! Si dans nos valises on faisait une place pour le Dibi-Sôgô jalousement emballé par la famille, c’est désormais dans son ventre qu’on le fait en quelques minutes en commandant. L’innovation c’est trouver réponse dans une demande réelle, ce fut le cas de Faso Dibi dont le four ne s’arrête pas. En bonne amatrice de viande rôtie, le bonheur des vacances d’été fut complet. Quelle surprise, le goût authentique du Mali en France sans prendre l’avion.

L’entreprise innovante de Saba Traoré arrive à pique pour les maliens et autres africains de Paris. Une livraison dans les délais, une viande moelleuse et juteuse sont gages d’un succès prévisible pour Faso-Dibi

Faso Dibi c’est le vrai Dibi du Mali, à Paris.

Bonne chance à Saba et Faso-Dibi !

Dia Sacko

Mali : le pagne tissé redresse fièrement la tête

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A l’heure où le Mali en proie à une crise, il se cherche les voies et moyens pour maintenir une économie interne forte. Le Made in Mali se trouve une voie de redynamisation sûre.

Depuis deux ans le malien affirme son désir de valoriser le made house, dénommé Made In Mali. Nous ne comptons plus les stylistes travaillant sur les toiles ancestralement issues de technique traditionnel, le bogolan, le dalifini et l’indigo. Un secteur, désormais en pleine croissance. Décomplexés du bazin et du wax, gardés pour le quotidien, les initiateurs de grands évènements s’exposent fièrement en Made In Mali dans le plus grand bonheur des stylistes maliens.

Cela fait quelques mois que la Styliste Mariah Bocoum a été sollicitée par le Ministère du Tourisme pour habiller les ministres de la République. Dans la même optique une proposition fut faite au Président qui valida sa tenue. Nous voyons un IBK heureux de se montrer en coton malien fabriqué par le Centre du développement de l’Artisanat Textile qui offre désormais plusieurs types de grammages adaptés à notre climat. A un frais raisonnable. La styliste, la Yeleni du Made In Mali, croule désormais sous les commandes, le CDAT presque en rupture de stocks.

Cette action vient à point nommé dans le combat de la styliste pour une adoption totale du Made In Mali. La commande du Ministère de l’artisanat est un grand coup de fouet à l’industrie du coton au Mali. Il faudra noter également l’engouement des porteurs d’idées, jeunes maliens qui vendent le Mali aujourd’hui. Ceux-ci saluent l’arrivé des nouveaux ambassadeurs désignés par le Chef de l’État. Sur les photos exposées par le gouvernement malien dans leur apparat fièrement arboré, Ibrahim Boubacar Keïta lui même dans une cotonnade blanche en trois pièces, est fier de lancer cette dynamique.

On pourra lire dans cette action une volonté de relancer pour que le Mali puisse consommer ses produits locaux.

Au delà de l’affirmation culturelle se trouve la valorisation d’une chaîne jusqu’ici restée dans la sphère des tisserands traditionnels. Les toiles de coton tissées issues des deux chaînes expriment l’attachement à une culture fortement enracinée. Dans cette pérennisation de savoirs-faire traditionnels le Burkina-Faso depuis la Présidence de Thomas Sankara. Le comptant en premier de la classe, le Mali peut s’inspirer du modèle burkinabé. Et pourquoi pas le pagne tissé, pour commencer comme tenue de conseil de Ministre.

La valorisation de la chaîne en plus de s’ériger en combat militant a de long chemin à parcourir.

Le Mali produit 800 000 tonnes de coton, selon ce spécialiste du coton, et selon lequel pour que « la chaîne soit totalement profitable à Tous, le Mali doit transformer 500 000 des 800 000 tonnes, nous y gagnons à tous les niveaux. La transformation du coton malien à la maison. Mais pour cela il faut une industrie forte, une politique nationale, par exemple sur dix ans. Le Mali doit créer une zone prioritaire d’industrialisation mise à l’abri de tout problème lié à l’électricité par ailleurs, s’équiper, ainsi nous pourrions nous donner la dynamique escomptée»

Il est clair que le Mali en lançant cette vaste campagne de plaidoyer pour le Made In Mali, doit s’assurer d’une disponibilité large de stocks accessible à tous les portefeuilles.

Longue vie au Made In Mali. Bravo à Mariah Bocoum.

Dia Sacko

Journée mondiale de la photographie

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Et le 19 Août encore !!!

Une date mémorielle qui est célébrée chaque année par les amoureux de l’objectif. Le choix n’étant pas au hasard la date coïncide à celle de  l’invention officielle de la photographie.

Cette journée fut créée par des photographes du monde entier, le 29 avril 2001 dans le but de promouvoir et célébrer l’art de la photographie. Pour les passionnés cette date du 19 Août mérite sa place dans l’année.

L’origine de cette date monte à l’achat par le gouvernement  français ,le 19 Août 1839 du brevet de l’invention du Daguerréotype, qui est un  processus photographique développé par joseph Nicéphore Niepce et Louis Daguerre en 1837. Ainsi le gouvernement français a annoncé l’invention comme un cadeau « gratuit au monde ».

Depuis lors on assiste à cette révolution de la photographie tant au procédé qu’au résultat. C’est-à-dire du model de  l’appareil photo, à l’utilisation et le produit obtenu.  Et en 1903 la photographie en couleur voit le jour avec les Frères lumière. De nos jours au 21em siècle on parle de l’ère numérique, qui était autre fois analogique. On ne parle plus de pellicule mais de capteur numérique ainsi l’image restituée va s’appeler pixel.

Le « 9em art » est aujourd’hui une des meilleures révolutions et un élément indispensable de la vie commune. Grâce à cet art on peut voyager sur place,  suivre l’évolution d’une chose,  partager nos moments et souvenirs par tout dans le monde.

En Afrique la photographie est célébrée outre que le 19 Août, par le biennale de la photographie ou encore la rencontre africaine de la photographie, qui se tient à Bamako dont la prochaine édition est prévue du 30 Novembre 2019 au 31 Janvier 2020.

Au Mali la photographie a parcouru le monde de l’art grâce au talent des inoxydables: Malick Sidibé, Alioune Bâ et Seydou Keita désignés par le monde de l’art comme les pères de la photographie africaine. Les héritiers au Mali ne se comptent plus du bout des doigts. Ils transportent à travers le monde les studios photos du Mali.

Cette journée est une occasion pour embarrasser votre passion pour la photographie, montrer ce que vous pouvez faire avec votre appareil photo. Cette journée unique de la photographie est donc l’occasion de se rappeler comment une photographie peut être spéciale. Rappelons nous qu’il fut un temps où les moments précieux ne pouvaient ni être photographiés ni partagés.

Sangaré Boubacar