UN MOIS AU MUSEE NATIONAL DU MALI

L’histoire du Musée National remonte à 1953 avec la création du Musée soudanais de Bamako, dans le cadre des activités de recherches de l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN). Ainsi, à l’indépendance le Musée soudanais devient Musée National du Mali. Dans son programme un mois au Musée, Mali Culture amène ses lecteurs à visiter le Musée National du Mali en partenariat avec la dite Institution.

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Le Musée conserve plus de 7 000 objets dont 400 objets sont exposés et repartis sur trois pavillons : le Mali millénaire, Chefs d’œuvre arts rituels et textiles du Mali. Le Musée est aujourd’hui une mémoire importante des rites, mythes et savoirs de l’Histoire du Mali. Toutes les communautés du Mali s’y retrouvent représentées à travers les trois pavillons. 

Le Mali millénaire

Le pavillon « Le Mali Millénaire », présente les résultats de plus de 50 ans de recherches archéologiques menées au Mali avec 2 axes majeurs. 

L’archéologie, constitue une source essentielle pour l’écriture de l’histoire du Mali, elle a permis d’acquérir des pièces exceptionnelles. Les recherches archéologiques, menées avec méthode et rigueur, associant les techniques de laboratoires et d’interprétation, permettent de reconstituer l’histoire d’un site. Les fouilles archéologiques du site de Djenné Djeno, entreprises en 1977 et 1980 par R et S McIntosh ( Rice Univesrity, Etats-Unis), ont permis d’obtenir un nombre considérable d’informations sur l’histoire du site, son rôle dans le commerce régional et sur les modes de vie des habitants de la ville.

Le second axe concerne le pillage. Il existe des milliers de sites archéologiques au Mali qui fournissent des objets très prisés sur le marché international. C’est le cas particulier des statuettes de terre cuite. Des pilleurs organisés parfois en réseaux pillent les sites et exportent illégalement ces objets principalement vers l’Europe et les Etats-Unis. Cette activité prive le Mali d’objets significatifs de sa culture. Pire, elle détruit les sites archéologiques et empêche cette possibilité de faire des recherches archéologiques. Le pillage détruit ainsi les sources de connaissance de l’histoire. De nombreux objets présents dans l’exposition proviennent de pillage qui ont été récupérés suite à ces recherches. Ils sont arrivés au musée le plus souvent à la suite de saisies. Leur histoire à jamais perdue, ils trouvent un sens dans leur exposition.

Chefs d’œuvre d’arts rituels

Les sociétés préislamiques sont caractérisées par une organisation sociale et religieuse dans laquelle l’initiation et les pratiques rituelles occupent une place importante. Chez les Bamanan par exemple, les principales sociétés d’initiation sont : le ntomo pour les jeunes non encore circoncis, le korè et le Komo. Ces sociétés d’initiation et les différents rituels sont à l’origine d’une production de sculptures en bois, des masques et des statuettes qui sont aujourd’hui considérés comme des objets d’art. L’exposition « Chefs d’œuvre d’arts rituels » essaie de valoriser ces objets non plus comme des objets rituels (fonction désormais perdue) mais comme des objets témoins d’une activité créatrice liée à des pratiques par ailleurs en net recul aujourd’hui, mémoire vive de nos cultures. La production des statuettes se maintient grâce à l’existence d’un marché touristique en essor, les masques du Mali ont la cote dans le monde. 

Textiles du Mali

L’histoire du tissage et de la teinture au Mali remonte au moins au 11ème siècle de notre ère. De nombreux textiles découverts dans les grottes des environs de Sanga en constituent des témoignages éloquents. L’exposition « Textiles du Mali » rend compte de la diversité des traditions textiles encore d’usage au Mali. Chaque groupe ethnique a ses savoir-faire propres que l’on peut reconnaitre dans les techniques et les motifs aussi bien que dans les traditions vestimentaires. Tandis que les peuls utilisent la laine et le coton pour confectionner des tuniques kassa et de grandes textures arkila, dans les autres régions les tisserands utilisent exclusivement le coton pour confectionner des bandes de cotonnades qui, assemblées sont utilisées comme pagnes, boubous, couvertures et autres types de vêtements. Le métier de tisserand est réservé aux hommes. Le fil est préparé par les femmes à la suite de plusieurs opérations qui vont de l’égrenage, au cadrage et au filage. La teinture, à l’indigo ou à l’argile (bogolan), est traditionnellement pratiquée par les femmes. Autrefois, l’indigo était extrait exclusivement de la plante qu’on appelle en latin indigofera tinctoria. Aujourd’hui, les teinturières utilisent davantage de produits chimiques dont les conséquences sont dramatiques pour l’environnement. La pratique du tissage autrefois très répandue est en net recul à cause de la concurrence de l’industrie textile et de l’importation massive de la friperie. Seule la teinture conserve encore une réelle vitalité, comme témoigne celle du bazin, octroie une authenticité à cet art au Mali, et nous positionne en leader de surcroît. Les teinturières maliennes sont parmi les plus réputées de l’Afrique de l’ouest. Leurs produits sont exportés partout dans le monde.

Le Musée National du Mali est aujourd’hui l’un des grands musées du continent. Et vous quand est-ce que vous le visiterez ? Et faites-le nous savoir !

Source : Catalogue Musée National du Mali

Kounandi Cissé