L'art et la littérature inspirent les hommes en leur permettant de réfléchir sur la relation entre les pratiques artistiques et la morale.
Les auteurs occidentaux ont évoqué cette relation pendant 2 500 ans, argumentant pour ou contre,teeur de l'élaboration des idées littéraires et artistiques jusqu'au XVIIIe siècle.
On affirme, d'un côté, la nécessité et la dignité de la morale, le respect pour les vertus et la condamnation des vices.
Quant à la poésie et à l'art, on les juge ou bien entièrement futiles et donc indignes de tout éloge, ou bien acceptables, mais à condition de se soumettre aux injonctions morales.
Même si l'on peut trouver ça ou là quelques voix discordantes, cette version des rapports entre art et morale accueille l'assentiment général.
Je suis donc amené à pratiquer, pour commencer, une histoire fortement schématique, comportant de grosses simplifications, qui aura pour objectif de faire ressortir quelques lignes de force autrement imperceptibles.
Cette manière un peu distante d'examiner l'évolution d'un ensemble d'idées me paraît d'autant plus appropriée ici qu'elle pourra mettre en évidence une rupture majeure dans l'histoire, survenue au cours du XVIIIe siècle.
Je m'en tiendrai, pour l'essentiel, au cas de la littérature.
On peut dire, en effet, que, depuis les origines grecques de la réflexion sur l'art et la poésie jusqu'au siècle des Lumières, les différentes réponses à la question qui nous concerne se situaient à l'intérieur d'un même cadre.
Je choisis une voie moyenne : je ne me propose évidemment pas de présenter une histoire des débats concernant cette question, mais je ne peux non plus faire comme si j'étais le premier à l'aborder.