La musique est-elle illégale au Mali ?

André Lagarde
2025-06-30 22:35:40
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: 18
Depuis deux semaines, la musique est interdite dans le nord du Mali.
Les islamistes qui y ont pris le pouvoir justifient leur décision en accusant le Diable lui-même d’être derrière le grand complot ziziqueux.
Alors qu’avec Bach l’harmonie et le contrepoint avaient atteint une perfection proprement divine, alors que Mozart et Schubert pouvaient émouvoir les anges, tout va de mal en pis depuis Elvis, la variée et la musique pop.
Ce qui passe aujourd’hui pour de la musique, ce n’est qu’un tintamarre, le tohu-bohu de l’Antéchrist, un vrai sabbat de sorcières.
Nous sommes donc en présence, au Mali, d’esthètes particulièrement exigeants qui dénoncent à juste titre le n’importe quoi postmoderne.

Timothée Michaud
2025-06-22 00:44:12
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: 11
La musique profane est censurée dans le nord du Mali. Les islamistes ont officiellement interdit la diffusion de toute musique occidentale sur les radios privées installées dans les trois régions de Gao, Kidal et Tombouctou. C’est la musique de Satan, ont expliqué les responsables du Mujao qui ont pris cette décision. C'est la charia qui demande ça, il faut faire ce que Dieu demande. Des hommes en armes sont même descendus dans les locaux de radio Anya, à Gao, pour leur interdire toute diffusion de programmes musicaux en provenance de France. Les versets du Coran ont remplacé les musiques à la mode et les chants traditionnels sur les quelques radios qui continuent à émettre dans le Nord.

Geneviève Poirier
2025-06-22 00:29:43
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: 11
La musique est l’une des exportations les plus importantes du Mali.
Mais le patrimoine musical légendaire du Mali a subi un coup terrible l’an dernier, après que des militants liés à al-Qaida se furent emparés du nord du pays et eurent interdit toute la musique populaire.
Un groupe composé de 40 des artistes les plus populaires du Mali – dont Diabaté, Habib Koité et Bassekou Kouyate – s’est réuni récemment pour enregistrer une chanson appelant à la paix dans le pays devant l’insurrection islamique.
Ces dernières semaines, depuis que les armées française et africaines ont commencé à entrer dans la partie nord et à reprendre les villes clés, on entend de nouveau de la musique dans les rues du Mali.
Le Mali vit sous l’état d’urgence depuis le 12 janvier, soit depuis le lendemain de l’arrivée des troupes françaises.
En vertu d’un décret gouvernemental, les rassemblements publics, y compris les concerts publics, sont interdits.
Quelques individus déterminés ont bravé l’état d’urgence et les barrages de sécurité pour profiter des boîtes de nuit de Bamako, mais la crise continue de frapper la scène musicale.
À peu près à ce temps-ci de l’année, le Mali accueillerait normalement le légendaire Festival au désert, en plein Sahara, près de Tombouctou.
Le festival a été annulé cette année en raison de l’insécurité qui règne dans la région, et se tiendra plutôt cet automne au Burkina Faso voisin.
Comme l’a déclaré au Guardian Manny Ansar, le directeur du festival, la musique est importante comme événement quotidien.
Ce n’est pas juste une business.
C’est à travers notre musique que nous connaissons l’histoire et notre propre identité.
Nos aînés nous ont donné des enseignements par la musique.
C’est par la musique que nous déclarons notre amour et que nous nous marions – et que nous critiquons et commentons les gens autour de nous.

Aimée Foucher
2025-06-21 22:28:29
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: 14
Nous, les moudjahidines de Gao, de Tombouctou et de Kidal, nous refusons désormais la diffusion de toute musique occidentale sur les radios en terre d'islam.
L'interdiction prend effet à partir d'aujourd'hui.
Nous avons déjà parlé à des gens qui ont des radios.
Nous ne voulons plus de musique du 'Satan'.
Il faut à la place les versets du Coran.
La musique de l'Occident est la musique du Satan.
La charia demande ça.
Il faut faire ce que Dieu demande.
On va appliquer la sanction de Dieu contre les contrevenants de la mesure visant une dizaine de radios privées.

Aimé Picard
2025-06-21 22:01:11
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: 10
La musique profane est censurée dans le nord du Mali. Les islamistes ont officiellement interdit la diffusion de toute musique occidentale sur les radios privées installées dans les trois régions de Gao, Kidal et Tombouctou, renforçant un peu plus encore le verrou de la censure. Des hommes en armes sont même descendus dans les locaux de radio Anya, à Gao, pour leur interdire toute diffusion de programmes musicaux en provenance de France. Toujours à Gao, la radio des jeunes, financée par l'Unicef, a été récupérée par le Mujao et rebaptisée « radio Mohamed Askia islamia ». A Tombouctou et Kidal, les radios internationales ne sont plus reprises depuis des semaines, les stations locales de l'ORTM sont fermées ou islamisées. Beaucoup d'animateurs et de journalistes ont quitté les villes, certains sont restés tentant avec courage de résister à cette censure de plus en plus oppressante.

Nath Cordier
2025-06-21 19:06:52
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: 19
Depuis que les islamistes contrôlent le nord du pays, la musique se perd au Mali : l’instauration de la charia a conduit à l’interdiction de la diffusion de toute musique profane – musique traditionnelle et musique occidentale.
La force du Mali, c’est sa laïcité, et dans cette laïcité, il y a sa diversité culturelle.
Comment avez-vous ressenti l’application de la charia par les islamistes dans le Nord-Mali, qui interdit aux gens d’écouter toute musique « profane » – occidentale ou celle des griots ?
Quand ils sont rentrés à Gao, quelqu’un de l’orchestre régional de Gao, dont j’étais le chanteur soliste dans le temps [...], m’appelle de là-bas pour me dire : « Ils sont arrivés, ils ont pris tout le matériel, ils l’ont amené sur une place publique, ils ont mis de l’essence là-dedans. »
Ils disent que c’est pas une bonne chose.
Et à Gao et dans tout le Nord, on n’ose même pas faire de la musique.
Il n’y a plus d’art, l’art est enterré là-bas.
On dit que la musique adoucit les mœurs...
Les islamistes ont également détruit des mausolées.
Les mausolées, quand même, c’est nos ancêtres !
C’est depuis les XIe et XIIe siècle !
Et les mausolées et tout ce qui est patrimoine, ce n’est plus juste pour le Mali.
C’est la galère totale.
Certains ont eu la chance de revenir vers Bamako, mais certains sont restés et attendent des lendemains meilleurs.

Alice Chevalier
2025-06-21 18:58:34
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: 8
Nous refusons désormais la diffusion de toute musique occidentale sur les radios en terre d’islam.
Nous ne voulons plus de musique du "Satan".
Il faut à la place les versets du Coran.
La musique de l’Occident est la musique du "Satan".
La charia demande ça.
Il faut faire ce que Dieu demande.
L’interdiction prend effet à partir d’aujourd’hui.
Nous avons déjà parlé à des gens qui ont des radios.
Un responsable de radio dans la ville de Gao a confirmé avoir reçu les nouveaux ordres des islamistes au sujet de la musique.