Ali, c'est l'histoire, vraie, d'un jeune Somalien que sa mère met dans un bus pour qu'il ne devienne pas enfant soldat. En 2019, Ali arrive, après un périple de deux années, à Bruxelles-Midi, seul, ne sachant pas un mot de français ou de néerlandais. Il a 14 ans. J'étais à Bruxelles en plein Covid, et j'y avais une grande amie, Ciska. Je venais d'avoir un enfant. "j'aimerais de te le présenter". Elle de me répondre : "Moi aussi je vais amener mon enfant". Je me suis dit que j'avais raté quelque chose, puisque je la connaissais depuis vingt ans. Sur la table, chez Ciska, il y avait un guide de l'Éthiopie, où je suis allé il y a quelques années. Ali avait dû traverser l'Éthiopie. J'ai demandé à Ali s'il pensait qu'on pouvait raconter son histoire. Il a acquiescé : "J'aimerais qu'on raconte cette histoire pour que les gens de l'Europe comprennent ce qu'on a traversé. Et si un jour, j'ai des enfants, qu'ils puissent savoir ce que j'ai vécu". Il y avait un appel à projet pour de nouveaux opéras. La première contrainte : raconter deux ans de vie à 1h30, il faut choisir, et les choix étaient déchirants. La deuxième contrainte : ne pas trahir l'histoire d'Ali, même s'il était là durant l'écriture. La première difficulté : Comment traiter ce personnage de la mère tellement intime, comment la représenter sur scène sans mentir. Ali avait 18 ans quand il raconta les événements à Ricard Soler Mallol.