Les Soninké possèdent un grand nombre de mythes et de légendes expliquant leurs origines et les grands moments de leur histoire.
Ces mythes révèlent déjà un destin de peuple dispersé, tenu de partir au loin en quête de sa survie.
Le plus ancien de ces mythes fut recueilli à la fin du XIXe siècle par Charles Monteil, administrateur du cercle de Médine au Soudan français.
Il raconte la montée en puissance puis la ruine du royaume de Wagadu.
Dinga, le patriarche ancêtre des Soninké, à la suite de nombreuses pérégrinations se fixe à Kingi, près de Nioro du Sahel.
Il y épouse les trois filles du génie qui régnait sur les lieux après avoir vaincu celui-ci grâce à l'aide de son compagnon Diadiané, l'ancêtre des Devins.
De ses trois épouses, il eut au total quatorze fils, dont certains sont considérés comme les ancêtres des clans soninké actuels.
A sa mort, alors qu'il voulait léguer ses pouvoirs à Terekine, l'ancêtre du clan des Sokhona, une ruse permit à Makan Diabe, fils de sa seconde épouse et ancêtre du clan des Cissé, de se substituer à l'héritier choisi et de recevoir de son père mourant le secret de l'emplacement de la ville de Wagadu où le peuple soninké devait connaître la prospérité.
Il y conduisit ses partisans et ils s'y installèrent après avoir passé une alliance avec le maître des lieux, une divinité appelée Bida qui avait la forme d'un python noir.
Celui-ci, qui détenait le pouvoir de faire tomber la pluie, accepta d'enrichir le royaume des Soninké à condition que chaque année on lui offrit en sacrifice la plus belle jeune fille du pays.