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Quelles sont les critiques de la presse pour le film "L'Histoire de Souleymane

Jeannine Gregoire
Jeannine Gregoire
2025-11-10 16:28:04
Nombre de réponses : 11
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Le réalisateur Boris Lojkine a effectué un solide travail documentaire pour élaborer le scénario de son film, en recueillant les témoignages de nombreux migrants à Paris. Le film est bien sûr un brûlot politique, décrivant la situation plus que précaire des migrants en France, mais son énorme atout est d’être construit comme un film à suspense. Impossible de ne pas avoir le cœur qui bat pour ce jeune homme inévitablement dépassé par les évènements, qui cherche à garder la tête hors de l’eau. Un personnage et un film inoubliables. Le cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch est malin. Invité quasi permanent du Festival de Cannes, il décrit, de film en film, les tabous de la société marocaine. Son cinéma, jouissant généralement d’un casting convaincant, est habile, mais exploite systématiquement le même filon. Bref, il ne surprend plus guère. Voir dans "Mufasa" des lions comme sortis tout droit d’un documentaire animalier jouer la comédie et chanter la sérénade est un spectacle, pour ma part, tellement étrange qu’il en devient absurde. Et sur le plan du scénario, l’odyssée du jeune Mufasa ressemble à un parcours de parc d’attractions, avec rivière sauvage et montagnes enneigées. Tandis que les fans du Splendid pleurent encore le décès de Michel Blanc, ils peuvent constater que ses anciens acolytes semblent s’être lancés aujourd’hui dans le concours du plus gros navet. Comment peut-on encore produire ce genre de comédie rance en 2024 ? Mystère.
Lucie Dupont
Lucie Dupont
2025-11-06 03:26:55
Nombre de réponses : 14
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Le film est un « bouleversant drame social épousant le rythme trépidant d’un thriller ». Le cinéaste offre un point de vue dénué de jugement, ne versant jamais dans l’angélisme ni dans le misérabilisme, sur la société qu’il dépeint. La réalisation sans apprêt où les bruits de la ville servent judicieusement de trame sonore permet de capter le rythme frénétique de cette course contre la montre. La direction photo confiée à Tristan Galand semble être un choix approprié pour accomplir ce tour de force. Le film met en scène des acteurs pour la plupart non professionnels, tous bluffants de naturel, portant littéralement le film sur leurs épaules. La prestation d’Abou Sangaré, migrant récemment régularisé, est de haut niveau, en particulier dans la scène finale où il rencontre l’agente de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Cette scène témoigne en toute simplicité et sobriété de l’ampleur du drame des migrants sans se faire donneur de leçon. Le film a été salué pour son portrait nuancé et sa représentation authentique des difficultés quotidiennes vécues par la jeunesse migrante. Aucune critique négative n'a été exprimée à l'égard de ce film.

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Maggie Muller
Maggie Muller
2025-10-24 21:04:11
Nombre de réponses : 17
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Le film de Boris Lojkine vire à la chronique rédemptrice et perd toute portée politique. L’histoire de Souleymane poursuit ce motif du chemin de croix en surdramatisant les difficultés quotidiennes de son personnage, en concentrant et exagérant avec outrance les obstacles qui se placent sur sa route durant les quelques jours du récit. Acculant son personnage sous les malheurs, écrasé par toutes les forces antagonistes qui s’acharnent soudain sur son sort, le récit de Boris Lojkine vire à la stratégie narrative. Comme si, par son simple quotidien de travailleur précaire clandestin, Souleymane n’était pas déjà suffisamment victime d’un système qui l’opprime et l’exploite, il faudrait, pour faire un film, muscler le rapport empathique entre les spectateur·ices et son personnage principal, l’intensifier dramaturgiquement pour le rendre plus impactant, plus avisé politiquement. C’est ici tout l’inverse qui se produit. Au lieu d’une vision structurelle documentant la réalité des livreurs clandestins et décryptant les rapports de force et de domination au travail, le film s’en éloigne et spectacularise la trajectoire de Souleymane, la déplaçant vers quelque chose de l’ordre de l’accumulation de malheurs et de malchance. Souleymane n’est pas un travailleur comme les autres, c’est un martyr. Une trajectoire qui, non seulement, dépolitise le film, mais l’emmène vers le terrain peu enviable de la méritocratie. Sous-entendu : parce qu’il a remporté un prix d’interprétation à Cannes, Abou Sangare mérite de devenir Français.
Isabelle Schneider
Isabelle Schneider
2025-10-24 19:06:07
Nombre de réponses : 19
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Souleymane se blesse, se cache, fuit et pédale sans relâche dans ces 48 heures, sans réussir à échapper à un destin qui s’abat sur lui, ajoutant un nouvel écueil à chaque scène, dans une surenchère dramatique qui aurait pu être plus économique. Il se présente comme un héros tragique, tandis qu’il rencontre en deux jours tous les obstacles tragiques que sont l’amour, l’honneur, la justice et la fatalité. Lojkine compose du reste un héros moralement irréprochable, seul bémol peut-être de ce long métrage autrement complexe. Il n’en demeure pas moins qu’on s’attache à ce protagoniste, présent dans chacune des scènes, d’autant que la performance de son interprète, Abou Sangaré, est désarmante. Toute la dernière partie du film a été réécrite pour intégrer des pans de l’histoire de Sangaré et conserve certains plans improvisés. Si L’histoire de Souleymane réussit un tour de force, c’est finalement parce qu’il ne se contente pas de raconter un récit larmoyant, mais qu’il adresse une véritable critique sociale — qui écorche au passage le capitalisme numérique, les compagnies de livraison, l’aspect kafkaïen du fonctionnariat et la police française — si bien qu’il en vient, dans une fin ouverte, à renvoyer la question au spectateur : donneriez-vous l’asile à Souleymane ?

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Caroline Meunier
Caroline Meunier
2025-10-24 18:50:23
Nombre de réponses : 17
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Florence Colombani : " Un film magnifique Empathie, voilà un mot parfois galvaudé et pourtant, c'est bien de cela qu'il s'agit dans ce périple sur les traces de Souleymane : Le critique des Inrocks craignait que la forme du film, qui est celle du parcours d'obstacles, qui a déjà été souvent empruntée, ne nuise au propos du film : Il y a toujours une logique de complication à chaque course. Mention spéciale au jeune acteur, Abou Sangaré : Pierre Murat : " C'est un film de mise en scène"Pierre a retrouvé sur l'écran la force du cinéma néo-réaliste italien à la fin de la guerre : Ça m'a fait penser au "Voleur de bicyclette", si ce n'est que dans "Le voleur de bicyclette". Là, il n'y a personne qui donne la main aux héros, mais c'est le spectateur.