De cinéma et d’espoir

Ils, se sont Fousseni Maiga et Yacouba Kebe un duo de choc qui a décidé d’accélérer le pouls du cinéma malien. Deux films en un an, un pari d’une relance tenue à deux fois, guichets fermés des deux salles du Magic Babemba de Bamako.

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Passé par une phase de traversée de désert quant à la production cinématographique, le Mali commence à rehausser la tête depuis 2018, une jeune pépite qui rengorge l’égo de leader des années 80. Depuis, Barkomo, Policikè, Niogochi, Balkissa, Afro star 224, Voile Secret, et maintenant Les roues du destin, le Mali produit avec des jeunes réalisateurs à la volonté de rattraper les camarades de la sous-région. Une dynamique qui voit naître plusieurs laboratoires de créations. La liste ne fait que commencer, un boulevard qui s’ouvre dans un pays où on ne compte que deux salles de cinémas. 

Bambo, un destin en dent de scie

Tous deux journalistes, fondateurs du Groupe arc en ciel Yacouba et son acolyte Fousseini se démènent pour gagner du terrain, avec deux films, ils y arrivent plutôt bien. Les roues du destin qui aurait pu s’appeler Bambo, s’agissant de la vie du jeune Bambo Keita, fraîchement diplômé. De difficultés Bamabo en connait pour être né pauvre. Sa seule richesse qu’est l’école devait le voir accéder au poste qu’il mérite. Dans un pays où la célébration de la magouille et de la médiocrité fait rage, Bambo bravera les sentiers rocailleux du destin. Un film sur fond social, d’injustice. Bambo Keita acteur central où se noue la trame narrative de cette tragi-comédie accumule la mauvaise fortune. On trouve que la malchance s’enchaîne autour du malheureux, on peut dire qu’il charge le pauvre Bambo comme une mule. Un excellent acteur au passage au jeu très juste. Entre ville et campagne, miroir d’un Mali pris en étau entre tradition et modernité. Basculement des deux mondes qui s’entrechoquent. La vie nous contraint à un certain nombre de choix. Quand devant le choix de détruire, celle des autres pour son propre bien, ses intérêts. A quel choix seriez-vous prêts ? C’est le fondement du long métrage. 

Un film social

Pour sûr nous vivons dans une société violente le nouveau cinéma malien braque le miroir sur nos angoisses, nos contradictions et même nos mensonges. Un cinéma social né dans les années 80 sous la plume de Cheick Oumar Sissoko avec Niamato, on ne peut qu’y voir la patte de Souleymane Cissé dans Baara où les forçats de la vie font de leurs mieux pour enrichir, ceux nantis. Machiavel a élit domicile dans le cœur de Papus l’enfant terrible. Gagnera-t-il ? Faut voir le film. Bambo en roue libre conduisant son destin, brave celui-ci pour mieux le défier, les yeux dans les yeux. Le film bénéficie d’une belle dynamique de jeux internes. Tous les acteurs ont mouillé le maillot à quelques exceptions près. Les bonnes répliques rattrapent les mauvaises. Deux révélations dans ce film : les personnages Bambo et Nassoum. La bande originale de Michèle Koninba Traoré mérite une mention spéciale. 

Une seule question au réalisateur pourquoi avoir ajouté à la croix de Bambo le handicap ? Les Roues du Destin, un film miroir de notre société, osons la regarder en face.