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Acquisition de deux précieuses statues Gwandusu, Musée National du Mali

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Dans la pièce blanche du Musée National du Mali, sur un strapontin, blanc, sont posées deux magnifiques statues Bamanan. Un couple de bois, portant chacun, une gourde et l’homme une arme à la main. De prime abord ce qui semble un détournement de regard d’une femme capricieuse, s’illustre aux yeux de l’observateur, une scène de guet d’un homme et d’une femme. Celle-ci portant son bien le plus précieux, son enfant. On remarque sur ces bois des nervures, de veines comme les citatrices d’une peau. L’œil intrigué se pose également sur le bracelet que porte Gwandusu en haut du bras droit, parure ou de protection (?), soutenant son enfant. 

Plus qu’un objet, une histoire, une identité

Les ancêtres auront voulu dans ce jeu de regard tourné du même côté, comme si pour arriver à une harmonie des âmes, Gwantigui et Gwandoussou doivent porter l’attention dans la même direction. Une symbolique, de la même vision, d’un seul idéal, celui de défendre sa tour. La question du pourquoi Gwandoussou est armée de son enfant tandis que Gwantigui porte une arme réelle, transperce l’esprit. Énigme dont seuls les ancêtres, du Baniko pourraient avec certitude, détenir la réponse. 

Le Gwan naît du culte des techniques de réduction du fer par le feu. Et le maître incontesté du feu, du bois et du fer, par ricochet le secret des armes, à l’image de Soumangourou (Diarisso) Kanté, est le « noumoun » forgeron, dont le rôle dans la stratification des sociétés traditionnelles du Mali se trouve la maîtrise de ce savoir-faire. Force au Noumoun. Les bambaras du Baniko intègre d’office à leur Jo (yirimogoni= petit bois d’ humain). Le Gwanso désignant le haut fourneau, la phase de fonte et de transformation du fer, très périlleuse pour le noumoun, dompter le fer et le feu en même, le feu par le feu, quelle délicate geste. La technologie du feu ne s’acquiert que par une série d’opérations accompagnée de rites gestuels ou sacrificiels. Un secret tenu des ancêtres et des Dieux bamabaras, qu’aucun profane ne pourrait percé. Au sacré, le sacré, ainsi va le monde des ancêtres.

Remarquable production artistique

Les rites et cultes du Jo constituent une remarquable production artistique et variée. La collection de certaines communautés, riche en sculptures Bamanans du Jo et du Gwan, est la bibliothèque des histoires de ces peuples. Quand on parle de sculptures bamanans il faut y entendre la somme de traits distinctifs et représentatifs, identitaires appartenant à une aire culturelle distincte. 

Gwandusu est la statuette de la fécondité, on y confie son désir d’enfant, une fois le vœu exaucé, l’enfant qui en naîtra portera un des prénoms Gwan : Gwandusu pour une fille, d’où le prénom Doussou, et Gwatigui ou Gwakê (cela dépend des régions). La belle Doussou (Dusu) ou son Gwatigui se découvrent à leurs admirateurs, torses fiers en forme de cylindre, de larges épaules et des têtes ovoïdes, serties d’une coiffe de longues tresses, pour les femmes, plus amples et plus allongées, pointues. 

Expression de valeurs morales, police morale

Outre les dimensions techniques, cultuelles et rituelles, les valeurs de probité, de dignité, de sincérité, de vérités, pactes sociaux bâtis sur les normes sociales et juridiques (justices communautaires). Le Jo est la police de la communauté, garant des pactes de bonnes conduites, le redresseur des torts. Une personne de mauvaises conduites ne pu l’approcher. 

Le Jo ou Yirimogoni représente nettement des objets, signes, seings typiques, identitaires d’un bassin, il porte la mémoire d’un peuple, de surcroit de transmettre un patrimoine tangible. Pour le donateur ce n’est que le retour d’un patrimoine qui rentre à la maison, au Musée National, la maison des cultures du Mali. 

Amadou Diabaté Makodja, Ali Daou UNESCO, Madame Kadiatou Konaré

Dia Sacko

Mali : les plumes émergentes

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Ils sont le nouveau visage de la littérature malienne, nous les appelons les plumes émergentes. Ils s’appellent Sadya Touré, Assoumane Samba, Issouf Koné etc, l’année littéraire 2018 sera marquée par la sortie de leurs livres. La propulsion de ces jeunes escritors du Mali est pensée par quelques maisons d’éditions maliens dont le but est de vulgariser le livre, amener l’objet ludique à son lecteur.

Au nom du Thé, du Sucre et du Grin

Parmi ces jeunes écrivains en herbe, la rédaction de maliculture.ml a entrepris de s’entretenir avec Issouf Koné dont la sortie de la pièce de théâtre en chantier : Au nom du Thé, du Sucre et du Grin est prévue très prochainement.Ce titre claquant qui fait sourire de prime abord pour qui connaît l’amour du malien pour le thé vert de chine bien corsé. Une rencontre qui nous permet au delà de la discussion à bâton rompu sur la passion de son auteur pour l’écriture de manière générale et de l’écriture romanesque en particulier, d’entamer un débat sur un fait de société. Le livre se donne pour objectif de lire la société malienne et ses problèmes à travers l’œil de la théière. Pour cela le Grin se trouve justement cet espace de socialisation par excellence, le grin est à la société malienne ce qu’est le bar du coin pour d’autres sociétés se trouve.

La jeunesse malienne et le grin à travers les lunettes de la littérature

Le grin c’est là où les jeunes d’une même rue d’un même quartier se retrouvent. C’est l’espace où l’on parle de tout, de rien. De ces sujets de prédilections la gouvernance se niche au cœur des préoccupations. Pour le jeune auteur en voie de publication « le grin est un haut lieu de débat social mais également pour certains un lieu où l’on végète sous le prétexte de manquer d’emploi ou de perspective. L’auteur de la pièce de théâtre ne se montre pas que critique des grins, il se veut réaliste et analyste sur cet espace de prédilection de la jeunesse à laquelle il appartient.

L’approche théâtrale de l’espace grin

Pour résumer son approche de sa lecture sociale par l’entrée du grin, il nous explique que son :  » livre soulève les problèmes de société, le temps qu’on peut mettre au grin on peut le mettre à profit pour lire un bon livre ou mener une action qui devra servir la société. Il est aussi le moyen de réfléchir sur ces espaces de socialisations, ce qu’ils pourraient apporter à leur société, s’ils étaient porteurs d’initiative. Mon intention est de partir du grin pour poser un œil critique sur certaines pratiques de notre société. J’ai grandi à Abidjan ce phénomène n’existe pas là bas. A mon retour au Mali, j’ai été dans beaucoup de grin la chance de causer avec les gens, au départ me séduisait, mais à la longue, le fait d’y passer autant de temps me déplaisait. Devant ce constat, je voulais faire un simple billet au final je me suis rendu compte que le billet n’allait pas suffire, de là j’ai décidé d’en faire un livre. Je voudrais toutefois préciser que l’on apprend beaucoup de chose au grin, mais il ne faut pas oublier qu’il faut de l’action, c’est un gros piège en soi, on ne voit pas le piège au départ et c’est difficile après de s’en défaire, c’est ce qu’il faut éviter »

Regarder la société à travers le grin, pour ce faire le jeune Ivoiro-malien, a pris l’initiative de choisir des personnages jeunes, sans emplois, pour mieux ressortir les problèmes de société. C’est un combat de tous les jours et de conscience. Sans se rendre compte, on glisse petit à petit vers l’entraînement de trôner au grin jusqu’à pas d’heure, ce qui est tr-s néfaste à l’activité humaine. Pour ma part c’est une question de conscience et d’objectif.

Le thé , plus qu’aliénant que le khat, le café ou l’alcool est une seconde religion pour la majeur partie des maliens. Tous ses grands amateurs sont attachés à leur thé premier. Puisque la littérature c’est de poser le miroir sur la société, nous attendons avec impatience et pensons qu’ Au nom du Thé, du Sucre et du Grin, amènera le malien a réfléchir sur son addiction au thé, à la théière.

Dia D Sacko

@DiaSporactive

De cinéma et d’espoir

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Passé par une phase de traversée de désert quant à la production cinématographique, le Mali commence à rehausser la tête depuis 2018, une jeune pépite qui rengorge l’égo de leader des années 80. Depuis, Barkomo, Policikè, Niogochi, Balkissa, Afro star 224, Voile Secret, et maintenant Les roues du destin, le Mali produit avec des jeunes réalisateurs à la volonté de rattraper les camarades de la sous-région. Une dynamique qui voit naître plusieurs laboratoires de créations. La liste ne fait que commencer, un boulevard qui s’ouvre dans un pays où on ne compte que deux salles de cinémas. 

Bambo, un destin en dent de scie

Tous deux journalistes, fondateurs du Groupe arc en ciel Yacouba et son acolyte Fousseini se démènent pour gagner du terrain, avec deux films, ils y arrivent plutôt bien. Les roues du destin qui aurait pu s’appeler Bambo, s’agissant de la vie du jeune Bambo Keita, fraîchement diplômé. De difficultés Bamabo en connait pour être né pauvre. Sa seule richesse qu’est l’école devait le voir accéder au poste qu’il mérite. Dans un pays où la célébration de la magouille et de la médiocrité fait rage, Bambo bravera les sentiers rocailleux du destin. Un film sur fond social, d’injustice. Bambo Keita acteur central où se noue la trame narrative de cette tragi-comédie accumule la mauvaise fortune. On trouve que la malchance s’enchaîne autour du malheureux, on peut dire qu’il charge le pauvre Bambo comme une mule. Un excellent acteur au passage au jeu très juste. Entre ville et campagne, miroir d’un Mali pris en étau entre tradition et modernité. Basculement des deux mondes qui s’entrechoquent. La vie nous contraint à un certain nombre de choix. Quand devant le choix de détruire, celle des autres pour son propre bien, ses intérêts. A quel choix seriez-vous prêts ? C’est le fondement du long métrage. 

Un film social

Pour sûr nous vivons dans une société violente le nouveau cinéma malien braque le miroir sur nos angoisses, nos contradictions et même nos mensonges. Un cinéma social né dans les années 80 sous la plume de Cheick Oumar Sissoko avec Niamato, on ne peut qu’y voir la patte de Souleymane Cissé dans Baara où les forçats de la vie font de leurs mieux pour enrichir, ceux nantis. Machiavel a élit domicile dans le cœur de Papus l’enfant terrible. Gagnera-t-il ? Faut voir le film. Bambo en roue libre conduisant son destin, brave celui-ci pour mieux le défier, les yeux dans les yeux. Le film bénéficie d’une belle dynamique de jeux internes. Tous les acteurs ont mouillé le maillot à quelques exceptions près. Les bonnes répliques rattrapent les mauvaises. Deux révélations dans ce film : les personnages Bambo et Nassoum. La bande originale de Michèle Koninba Traoré mérite une mention spéciale. 

Une seule question au réalisateur pourquoi avoir ajouté à la croix de Bambo le handicap ? Les Roues du Destin, un film miroir de notre société, osons la regarder en face. 

#JEUDICULTURE: Tisserand

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Pièce du Musée national du Mali

Le Tissage au Mali

Le tissage, un vieux métier dont le pratiquant est le tisserand, est menacé de disparition au Mali. Si l’on remonte aussi loin que possible, nous verrons que ces pionniers du tissage ont de tout le temps habillé nos différentes communautés par leurs merveilles. Chaque cosmogonie du Mali exprime ses rites et traditions. De la naissance à la mort, une toile spécifie les étapes majeures de célébration de l’Homme. Le coton tissé habille les hommes du Sahel depuis Ouagadou. Le Musée National, dans son pavillon Textiles du Mali, garde les traces à travers les fragments de Chapeau de Tellem, au XIe siècle. Pourquoi le coton? Terre agricole les paysans cultivent le coton depuis le moyen âge, partie intégrante des échanges commerciaux entre le nord et le sud: de sel, de tissus et d’or. Il est à noter que le filage constituant un pendant de la chaîne faisait partie des activités ludiques de nos grands-mères, au soir venu, au bord du feu lors les soirées de contes ou en assemblée avec leurs enfants et petits-enfants. Au delà de l’aspect matériel se trouve celui métaphorique où tous les humains sont les falé et guessé des uns et des autres. l’aiguille et les fils tissant les liens.

Ces habits appelés GUESSE, magnifiaient le quotidien de nos ancêtres, peu importe la classe sociale. Passé au corps de métier, délégué à une couche sociale qui devenaient extrêmement importante. Aujourd’hui avec l’avènement et la vulgarisation de la technologie, le tissage artisanal se meurt au profit de l’industriel. Le métier complexe dans sa nature implique plusieurs tâches et corps. De celui qui assemble les fils crus, servant de palettes de toile, à la teinture: à l’indigo, Bogolan ou bassilan, enfin au designer.

L’arrivée de l’industrie

La modernité galopante déroute les consommateurs qui économisent plusieurs étapes du fait main. Ainsi disparaît une technique, une manière d’être culturellement, faisant oublier, l’essence même de l’historicité de ces étoffes, qui représentent un socle cosmogonique. Des tuniques des chasseurs aux parures de mariages, également les draps, jusqu’au linceul, tout motif a attrait aux signes de communications et de préservations des cultures endogènes. La clientèle se faisant rare, la tradition de transmission s’estompe avec des technologies ancestrales. L’engouement pour le coton malien, aujourd’hui préservé par les efforts du Centre Domo et Soro Blen de Ségou spécifiquement basé sur le Bogolan ne suffise pas à équilibrer. Les stylistes du Mali, ambassadeurs du coton activent de leur côté pour préserver. Hélas, il n’y a que deux segments de la chaîne de valoriser. Almamy Sango, un vieux tisserand de Medina-Coura Bamako nous a confié son désarroi :  » nous déplorons toujours le peu d’engouement pour les toiles tissées, il y a de l’innovation. Les nouveaux designs trouvent des nouveaux adeptes. Malgré tout, nous arrivons à vendre. Quelques sites résistent. L’Afrique doit sa grande richesse culturelle à son textile, qui nous dit beaucoup sur nous ». Il existe aujourd’hui le Centre Artisanal de Transformation du Coton, CDAT avec ses efforts innovent et proposent autour du Mali Fini.

Le regain des jeunes pour le made in Mali pourrait être l’alibi favorable à la renaissance des métiers de tissage avec la création d’usine et la mise en place d’une formation formelle aux métiers du tissage. En attendant vous pourrez apprendre l’histoire du textile malien au Musée National.

Fama Mademba Sacko

GRAINE DE CHEF, Samba Niaré, UNE FIGURE DRAMATURGIQUE DU MALI

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En trois tableaux avec une dizaine de personnages, la pièce «GRAINE DE CHEF»offrait en spectacle scénique en 1979, l’année de sa première représentation lors de la semaine culturelle de Koulikoro tenue à Kolokani sous un régime dictatorial à l’époque. Traitant essentiellement le thème du pouvoir, Samba Niaré se porte garant de la parole du peuple à cette écriture.

La pièce

Une histoire de tirade sous l’arbre sacré, qui représente le fauteuil présidentiel, monopolisé par un ainé. Alors que « Gantimeme » s’obstinait à garder le pouvoir au risque de déstabiliser le village entier,« Ntanso » le chef de la nouvelle génération décide de le défaire car il avait passé le tour d’autres générations par son avidité et sa témérité. Ainsi se déclenchait une tirade entre la jeune génération et « Gantimeme» et ses amis aussi avides que lui. Ce qui de toute évidence faisait la grandeur de l’œuvre, est qu’à l’époque cette plume émergente, était nourrie d’audace. La pièce ainsi représentée par la troupe du district de Bamako lors de la septième biennale artistique et culturelle des jeunes du Mali, a obtenu la deuxième place au classement général. Au fait, elle a été déclassé au premier rang par le jury en raison de son message politique jugé trop osé. Ce qui ne le handicapera car malgré cela «GRAINE DE CHEF» aura connu un grand succès et représentée en plusieurs créations, étudier dans les établissements d’art du Mali. Elle est aussi classée comme l’une des plus célèbres œuvres du théâtre Malien.

« Ntanso : J’exposerai les racines au soleil je te brulerai après !     

 Gantimeme : Tu ne peux pas : je suis une graine de chef ! je suis né chef. Chef, je resterai. Essaie et je briserai ton élan » Extrait de la pièce.

L’auteur

Enseignant de formation au cycle fondamental et secondaire ainsi qu’au professionnel, Samba Niaré est un écrivain à la belle plume. En plus de «GRAINE DE CHEF», il est auteur de plusieurs œuvres, tous primé lors des semaines artistiques culturelles et aussi des biennales comme : l’âne et le miel (1979, 1er prix de la semaine régionale de Koulikoro tenue à Kolokani), reprise par Falaba Issa Traoré et présentée à la biennale des jeunes de 1980 sous le titre « le salaire de l’indifférence » ( 1er prix), « Graine de chef » ( 2e prix biennale 1982), « Tonjonw », ( 1er prix biennale 1984), «  Filankaforo », (1er prix, biennale 1988), «  le costume sacré », (2001 1er semaine Nationale des arts de la culture ), « Au nom du fils »( 2005). Directeur général de la maison d’édition «EDIS Mali », il est également auteur de plusieurs nouvelles et romans dont une trilogie « UN ACTE D’AMOUR » en trois Tome. En plus de sa grande vocation qu’est l’écriture dénonciateur des maux sociaux, il a aussi été animateur en lecture de l’association pour la lecture, l’éducation et le développement «ALED». Acteur de l’éducation, des arts et de la culture de son pays, sa maison d’édition touche aussi à la valorisation des langues nationales maliennes et contes africains, la plupart traduite en Bambara, Fulfulde et Songhay…

Une œuvre, une histoire, une culture.

Fama Mademba Sacko

UN MOIS AU MUSEE NATIONAL DU MALI

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Le Musée conserve plus de 7 000 objets dont 400 objets sont exposés et repartis sur trois pavillons : le Mali millénaire, Chefs d’œuvre arts rituels et textiles du Mali. Le Musée est aujourd’hui une mémoire importante des rites, mythes et savoirs de l’Histoire du Mali. Toutes les communautés du Mali s’y retrouvent représentées à travers les trois pavillons. 

Le Mali millénaire

Le pavillon « Le Mali Millénaire », présente les résultats de plus de 50 ans de recherches archéologiques menées au Mali avec 2 axes majeurs. 

L’archéologie, constitue une source essentielle pour l’écriture de l’histoire du Mali, elle a permis d’acquérir des pièces exceptionnelles. Les recherches archéologiques, menées avec méthode et rigueur, associant les techniques de laboratoires et d’interprétation, permettent de reconstituer l’histoire d’un site. Les fouilles archéologiques du site de Djenné Djeno, entreprises en 1977 et 1980 par R et S McIntosh ( Rice Univesrity, Etats-Unis), ont permis d’obtenir un nombre considérable d’informations sur l’histoire du site, son rôle dans le commerce régional et sur les modes de vie des habitants de la ville.

Le second axe concerne le pillage. Il existe des milliers de sites archéologiques au Mali qui fournissent des objets très prisés sur le marché international. C’est le cas particulier des statuettes de terre cuite. Des pilleurs organisés parfois en réseaux pillent les sites et exportent illégalement ces objets principalement vers l’Europe et les Etats-Unis. Cette activité prive le Mali d’objets significatifs de sa culture. Pire, elle détruit les sites archéologiques et empêche cette possibilité de faire des recherches archéologiques. Le pillage détruit ainsi les sources de connaissance de l’histoire. De nombreux objets présents dans l’exposition proviennent de pillage qui ont été récupérés suite à ces recherches. Ils sont arrivés au musée le plus souvent à la suite de saisies. Leur histoire à jamais perdue, ils trouvent un sens dans leur exposition.

Chefs d’œuvre d’arts rituels

Les sociétés préislamiques sont caractérisées par une organisation sociale et religieuse dans laquelle l’initiation et les pratiques rituelles occupent une place importante. Chez les Bamanan par exemple, les principales sociétés d’initiation sont : le ntomo pour les jeunes non encore circoncis, le korè et le Komo. Ces sociétés d’initiation et les différents rituels sont à l’origine d’une production de sculptures en bois, des masques et des statuettes qui sont aujourd’hui considérés comme des objets d’art. L’exposition « Chefs d’œuvre d’arts rituels » essaie de valoriser ces objets non plus comme des objets rituels (fonction désormais perdue) mais comme des objets témoins d’une activité créatrice liée à des pratiques par ailleurs en net recul aujourd’hui, mémoire vive de nos cultures. La production des statuettes se maintient grâce à l’existence d’un marché touristique en essor, les masques du Mali ont la cote dans le monde. 

Textiles du Mali

L’histoire du tissage et de la teinture au Mali remonte au moins au 11ème siècle de notre ère. De nombreux textiles découverts dans les grottes des environs de Sanga en constituent des témoignages éloquents. L’exposition « Textiles du Mali » rend compte de la diversité des traditions textiles encore d’usage au Mali. Chaque groupe ethnique a ses savoir-faire propres que l’on peut reconnaitre dans les techniques et les motifs aussi bien que dans les traditions vestimentaires. Tandis que les peuls utilisent la laine et le coton pour confectionner des tuniques kassa et de grandes textures arkila, dans les autres régions les tisserands utilisent exclusivement le coton pour confectionner des bandes de cotonnades qui, assemblées sont utilisées comme pagnes, boubous, couvertures et autres types de vêtements. Le métier de tisserand est réservé aux hommes. Le fil est préparé par les femmes à la suite de plusieurs opérations qui vont de l’égrenage, au cadrage et au filage. La teinture, à l’indigo ou à l’argile (bogolan), est traditionnellement pratiquée par les femmes. Autrefois, l’indigo était extrait exclusivement de la plante qu’on appelle en latin indigofera tinctoria. Aujourd’hui, les teinturières utilisent davantage de produits chimiques dont les conséquences sont dramatiques pour l’environnement. La pratique du tissage autrefois très répandue est en net recul à cause de la concurrence de l’industrie textile et de l’importation massive de la friperie. Seule la teinture conserve encore une réelle vitalité, comme témoigne celle du bazin, octroie une authenticité à cet art au Mali, et nous positionne en leader de surcroît. Les teinturières maliennes sont parmi les plus réputées de l’Afrique de l’ouest. Leurs produits sont exportés partout dans le monde.

Le Musée National du Mali est aujourd’hui l’un des grands musées du continent. Et vous quand est-ce que vous le visiterez ? Et faites-le nous savoir !

Source : Catalogue Musée National du Mali

Kounandi Cissé

#JeudiCulture: DES TALISMANS EN TOILES

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Talisman ou gris-gris encore appelé amulette est un outil de protection des Donso, une société sécrète d’Afrique dont l’activité principale était la chasse, la protection des personnes et de leurs biens contre toute menace qui soit naturel comme surnaturel.

Des œuvres en Talisman

Conscient de la grandeur des cultures de son pays, ce jeune artiste a eu l’idée de travailler sur cette confrérie et a choisi parmi tous ses outils le Talisman, dont il ne déliait jamais. Une première rencontre était dans le cadre des soutenances de fin de cycle au conservatoire de Bamako. Après ce travail, l’artiste ayant en connaissance qu’il n’avait pas été le premier à travailler sur la confrérie Donso et ses Talisman, il s’est vue tenu d’échapper à l’idée de répétition, a approfondie ses recherches afin d’en donner plus de particularité et d’originalité. Ange Dakouo, construit des installations avec des Talismans dont il est le plasticien de toute pièce. « Je fais mes Talismans avec des journaux, des fils de coton, le tout fait de tissage, et en fin de la peinture en acrylique pour réaliser mes œuvres » a-t-il dit. Appartenant à la même couche sociale que les Donso, l’artiste se sent ambassadeur et gardien de la survie de sa culture et porte aux profanes ce qu’il a le droit de montrer. Ce qui explique à ses dires le choix des Talismans parmi tant de matériaux pouvant conclure à des œuvres.

De l’artiste Ange Dakouo

Né en 1990, Ange Dakouo est l’un de ses jeunes artistes peintres, pétri de talent. Multidisciplinaire du secteur, en plus de la peinture il travaille également la sculpture, l’installation et même la vidéo tout en restant ouvert à plus de techniques et de matériaux pour apporter plus d’amélioration à ses œuvres comme le tissage, le collage… Diplômé depuis 2017 du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia de Bamako, il est également membre fondateur du collectif Tim’Art avec lequel il produit régulièrement dans différentes salles d’expositions de Bamako, Ségou, Dakar. Ayant exposé dans plusieurs galeries du pays et de l’extérieur, Ange Dakouo a fait sa première exposition solo « Les Boites Rouges », qui a eu lieu en 2018 à Taxi Bamako. En 2019, ses travaux étaient présentés dans le cadre de l’exposition « Les Tisseurs de Liens » à la BICIM, puis dans une installation solo à la Villa Soudan, Bamako ; il a également été invité à la foire AKAA 2019, Paris et a exposé à l’espace Commines et plus récemment à la Galerie Trames dans le cadre du Parcours 2020 à Dakar.

Du collectif Tim’Art

Ouvert depuis 2014, Tim’Arts est un collectif d’artistes plasticiens, qui depuis sa création sert de nids aux jeunes artistes plasticiens mais aussi aux amateurs des arts de la peinture, sculpture, de l’installation, avec comme objectif majeur à l’accès à la culture. Disposant d’un atelier, de 2014 à nos jours, ce collectif à réaliser plusieurs expositions collectifs comme l’indication son fondement. Servant de liens entre les exposants et les galeries d’arts, ils sont à la clé de plusieurs expositions chez différents galeristes comme «INDEPENDANCE, je me libère et j’évolue», à l’atelier Tim ‘Arts.

A noter que le collectif Tim’art est une initiative de Mariam Ibrahim MAIGA en association avec Ange DAKOUO, Ibrahim DOUMBIA, Seydou TRAORE et Fatouma Aiya ATTAHIROU ; ayant pour objectif de faire la promotion de l’art et de la culture, tout en participant au développement social et culturel de la jeunesse. 

Fama Mademba Sacko.

#JeudiCulture: DIAKITEMÈRÈ

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Une identité culturelle Khassonké

Jadis connue comme une identité de la femme Khassonké, elle était faite par les jeunes filles et les dames pour des occasions de mariages, baptêmes, lors des fêtes ou pour tout autre événement de grande envergure. En plus d’être un accessoire de parures, elle représente également une étape remarquable de la vie de la femme dans le Khasso. Connue aussi chez les peulh comme étant la coiffure de la jeune fille, cette coiffure s’est faite une place importante dans l’ethnie Khassonké. Le peuple Kkassonké est issu du métissage entre Peulh et les peuples autochtones de Kayes: Malinké, Sonninké et bambara du Kharta. Selon nos investigations, le Diakitemèrè tire ses origines de Oussoubidjan Diakité qui serait le père fondateur de l’actuel OUSSOUBIDJAGNA une ville du cercle de Bafoulabe dans la région de Kayes. C’est lui qui chaque année convoquait tous les notables et chefs de guerre afin de discuter du sort de son royaume TOUMBI FARA actuel OUSSOUBIDJAGNA. Pour l’occasion, il faisait faire aux femmes cette coiffe majestueuse, couronne de gazelle. Puis quand vint le tour de l’initiation de ses filles, il fit tressé cette coiffure à celles-ci qui venait de passer, l’étape de jeune fille en femme, une initiation appelée MOUKILOU ou MOUKIRA selon les différents dialectes. Après, le Diakitemèrè couronnait l’essentialité de l’initiation par sa beauté. En cette époque seules les jeunes filles ayant passé cette étape pouvait en être ornées. N’Faly Kouyate un griot conservateur du Khasso nous a confié pendant nos investigations : la femme une fois mariée ne portait plus le Diakitemèrè. Elle était réservée seulement aux jeunes femmes célibataires qui ont passé leur initiation. Plus tard avec l’abandon de certaines rigueurs en la matière les femmes l’adoptèrent toutes. Ainsi devenue une identité des femmes du Khasso auprès d’autres femmes du Mali.

Comment se tresse le Diakitemèrè?

Cette tresse se réalisait à l’aide de cheveux et des mèches à base de plantes. Ces mèches à l’époque étaient faites à l’aide des fils d’hibiscus « DA FOU WO » Les tiges de la plante souvent utilisée pour réaliser des sacs de céréales, des mèches  de coiffures, des fils pour coudre. La coiffe se fait en tissant deux cordons de chevelures mêlées à la mèche de « DA FOU WO » tressées de la partie frontale de la tête à la partie pariétale, puis des deux latérales, deux autres cordons de la partie pariétale descendant vers le temporal jusque devant les oreilles. Ensuite, le reste est fait de petites tresses de chevelure en miniature pour orner la tête. Le tout formant le Diakitemèrè. De nos jours avec les mèches industrielles et l’abandon de la fabrication des mèches à « DA FOU WO », bon nombre de coiffeuses ont recours aux nouvelles mèches. Puisque le monde évolue porteuses de Diakitemèrè se sont adaptées.

Aujourd’hui avec l’interpénétration culturelle que subit le monde, les tresses africaines semblent faire place aux nouvelles modes de coiffures, relevant celles-ci au rang de patrimoine à conserver. L’idée serait de montrer qu’une identité culturelle entière pourrait disparaître avec la disparition, une coiffure. Nafissatou Kanoute une conservatrice de la culture Khassonké nous affirme tout son intérêt par la sauvegarde de ses tresses qui sont plus qu’une coiffure mais une culture entière : « nous pouvons évoluer avec ces coiffures, elles nous rendent toute notre beauté et mieux encore elles témoignent notre grand amour  » Confiait-elle.

Certes le monde évolue, nous pouvons aimer ce qui nous vient d’ailleurs mais le mieux serait que nous ayons un œil sur ce que nous avons comme identité culturelle car c’est la survie de nos valeurs ancestrales qui sont en jeux.

Fama Mademba Sacko

LE BAZIN DEVENU UNE IDENTITE CULTURELLE

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Malgré le succès que porte ce tissu vedette, l’ampleur et l’admiration que les maliens portent sur lui, il n’est pas fabriqué chez nous, qui est en effet un peu incompréhensif mais le Bazin provient du continent Européen précisément en Allemagne où il est fabriqué avant d’être importé. Il faut retenir que le commerce du Bazin a commencé il y a longtemps de cela au Mali par le riche homme d’affaire « Gagny Lah ».

L’origine du Bazin et son importation au Mali

Ce tissu depuis quelques années est prisé des maliens,  ils n’hésitent pas à mettre le prix le plus cher pour satisfaire ce plaisir. Le Bazin présentant différentes qualités, il est bien vu de la société de se voir offrir une belle étoffe, de qualité supérieure. Hommes, femmes et enfants, riches ou pauvres, toutes religions confondues magnifient leurs occasions rares par le tissu emblématique. Pas de pub pour lui, le bazin fait honneur à celui qui le porte, lui donne grâce et élégance. Le marché du bazin teint ou cru Au grand marché de Bamako ne connait pas la crise. De nombreux grands commerçants avec leurs voisins de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ont fait fortune dans ce commerce sans crash. Si le dimanche à Bamako c’est aussi celui du bazin. D’ordinaire au Mali, le jeudi, le samedi et le dimanche le bazin fait son show, jours de mariage et de baptême. Oumou Coulibaly nous confie son amour pour le bazin « j’aime porter ce tissu car ça donne de la classe et c’est joli à voir ». Les couturiers et les teinturiers se font une réputation à travers les beaux modèles qu’ils proposent aux clients, la plupart clientes, ils créent et de plus en plus innovants. Si le Mali s’impose comme leader du bazin artisanal, cette appropriation est toutefois, sous-régionale, le caractère demeuré dans l’identification malienne.

L’état du marché en cette période de Coronavirus

Le marché du bazin, comme tout autre marché lié à l’import-export, se trouve considérablement impacter par le COVID-19. Au grand marché de Bamako, les grossistes et revendeurs se plaignent de l’influidité des livraisons conséquence de l’organisation du transport à l’échelle mondiale. Nombre de leurs clients vivent à l’étranger et c’est difficile pour eux de s’approvisionner depuis la pandémie. La crise politique n’y a pas aidé aussi, c’est le témoignage de Karamoko Koita, propriétaire de magazine de Bazin au Grnd Marché «En ce moment ça ne va vraiment pas car on ne reçoit pas de nouveaux Bazins et nos clients de l’étranger n’achètent plus depuis que cette maladie a commencé ». Le coronavirus joue énormément sur le marché dont les vendeurs espèrent un retour à la situation normale.

La valeur du bazin n’est plus à contester, il bat le record sur n’importe quel autre habillement et sa renommée dépasse les frontières maliennes, puisqu’il séduit de plus en plus, sans distinction de classe sociale et de culture.

Korotoumou Cissé

LA CONTEMPORANÉITÉ DANS LES RITES DES KOREDOUGA

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Actuellement en résidence de création au « Bancs Publics de Marseille », Ibrahim Bemba Kebe est un sortant du Conservatoire des Arts et Métier Multimédia Balla Fasseke Kouyate. Jeune artiste sculpteur malien, il ne cesse de gravir les échelons et de séduire les galeries et autres lieux d’expositions d’art avec sa sculpture sur la danse des Koredouga .

Ibrahim Bemba Kebe et l’art plastique ont une histoire remontant jusqu’à la tendre enfance, « Je me rappelle bien la fois où j’ai été sévèrement puni par ma prof de la cinquième année parce que je l’avais dessiné, chose qui allait contre ses convictions religieuses puisqu’elle était une femme voilée ».

Ibrahim Bemba KEBE

Aujourd’hui il se place parmi les jeunes artistes sculpteurs les plus exposés du pays. Venu de Segou’Art, l’un des plus grands festivals du Mali, la rédaction est allé à la rencontre de ce phénix et son art. Cependant, l’artiste ne se voit pas démotiver et va continuer à nourrir sa grande passion de dessinateur. Ainsi, après des études de lettres au lycée qui le conduisit au Conservatoire, il fit toute sa formation artistique au Mali et obtint une licence en art plastique en 2019. Au fil du temps, la destinée de l’artiste va prendre d’autres itinéraires, il nourrit des ambitions de footballeur jouant au championnat de deuxième division au Mali. Après cet exploit, il se pose la question de ce qu’il doit faire dans sa vie, et qui regroupera au final sa passion à l’argent, en d’autres termes faire quelque chose qu’il aimerait plus que l’argent. Cette réflexion le remettra sur le chemin de sa passion primaire d’où l’art.

LA SCULPTURE

Soutenu, Major de sa promotion avec comme œuvre « une sculpture de la confrérie Koredouga de la culture du Mali », Ibrahim Bemba Kebe ne cesse de gravir les échelons en exposant dans les galeries maliennes et lors des festivals culturels et artistiques du pays parmi lesquels l’Institut Français du Mali, Segou’art 2020 etc… De la confrérie Koredouga, Bemba Kebe fait toute l’authenticité de ses œuvres par les pratiques vestimentaires de ceux-ci. Il recycle les déchets comme les Koredouga pour habiller sa sculpture. À partir des œuvres inspirées de la société des koredouga, l’artiste témoigne de tout son intérêt et sa dévotion à la sauvegarde, promotion et pérennisation de la culture malienne.

Qui est Koredouga?

À noter que les Koredouga sont une couche sociale malienne qui regorge de plusieurs responsabilités dans le bien-être de la société. Leurs habillements est un ensemble d’objets recyclés qu’ils utilisent comme tout accessoire de leur théâtre et est réservé aux initiés comme la coutume de cette société sécrète indique. Leur rôle consiste à prédire ou dénoncer les maux qui menacent la vie de la cité en ne faisant aucune distinction raciale encore moins de classe ou d’ethnie. C’est de cette danse que les magnifiques sculptures sont inspirées et représentent.

Un professionnalisme adhérant

Par son professionnalisme et sa passion pour l’art, il a pu convaincre maintes promoteurs artistiques du pays et de l’international. Un chemin qui le conduit à son actuelle résidence de création en France, où il fait actuellement des sculptures dans le cadre du festival  » Les rencontres à l’échelle » organisé par les « Bancs Publics de Marseille » une structure qui met en place des rencontres à l’échelle mondiale, dédiées à la création artistique contemporaine, malheureusement remit à l’année prochaine pour des raisons de COVID19. Au terme de sa résidence un  » Open Studio  » était aussi à l’ordre.

SANOU’ART

Président et Membre fondateur de Sanou’art, un collectif de seize jeunes artistes dont quatre femmes œuvrant dans le secteur de la sculpture, la peinture, l’installation, la photographie et d’autres formes d’art visuel. Sis à Kalaban-Coura, la création artistique étant à la base de l’inspiration, Ibrahim Bemba Kebe donne une importante à la culture et reste fidèle aux pratiques.

Les œuvres disent grands du jeune artiste Ibrahim Bemba Kebe, qui ne cessera de nous surprendre par la magie de ses créations et son talent pétillant.

Fama Mademba Sacko

FILA NI KELE: LA DANSE S’INVITE DANS LES MARCHÉS

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C’est pendant trois (3) semaines de résidence de création dans les marchés de Sabalibougou, Badalabougou, Halle de Bamako et le marché de Niamakoro, que huit (8) chorégraphes ont créé huit (8) pièces avec onze (11) danseurs de quatre (4) régions du Mali et de Bamako issus de la formation Corps pour XXIIe Siècle. Une session créative qui a vu naitre la première édition du festival Fila Ni Kélé – à Bamako, les 20,21, 22 novembre. De l’audace naît ce projet, plus authentique, une conférence de presse le 13 novembre 2020 dans le marché de Badalabougou, prélude des activités en présence des géants de la danse du Mali et d’ailleurs.

Le festival « Fila Ni Kélé »

« La plus part des festivals de Bamako se font dans des endroits comme les espaces culturels, auxquels, tout le monde n’a pas accès, c’est dans cette optique que le festival « Fila Ni Kélé » est né. Permettant au public bamakois de découvrir la danse autrement. Une première que la danse s’invite dans les marchés de Bamako. La belle affaire: transformer les marchés en lieu de spectacle. Raison principale, pour laquelle on a choisi les marchés qui sont des points d’attractions pour la population et une première fois pour un festival» Monsieur Lassina Sangaré, Directeur Technique du festival. «Egalement, nous savons que le marché est un lieu d’échange entre les vendeurs et les clients, un lieu de rencontre entre les personnes de tout genre « femmes, hommes, enfants, riches ou pauvres » qui se croisent, faire, alors un festival dans un tel lieu public est une opportunité pour permettre aux gens de savoir et comprendre que la danse est un métier, un métier qui s’apprend et qui nourrit. Elle est un art, elle parle, et chaque mouvement effectué par ces danseurs expriment les problèmes de société et aussi ceux de la nature».

Témoignages

Venu de la Guadeloupe, Christophe, l’un des formateurs «J’aime ces jeunes et les encourage » selon lui la danse est pédagogique, il faut savoir où on va pour pouvoir danser car lui-même ancien danseur, a été fier de transmettre la formation dont lui a eu à faire auprès des jeunes, qui se sont donnés à fond pour la réussite du festival.

Un riche festival durant trois (3) jours successifs dans les marchés de Bamako, qui fut une belle réussite pour une première édition pour les organisateurs, distractif et instructif pour les participants. Et après l’étape de Bamako, le festival continue sa tournée dans certaines villes des régions du Mali.

Korotoumou Cissé