Les descendants des ouvriers africains sous contrats abordent leurs origines kongos de façon différente. Chacun se réapproprie son histoire et prend la liberté de se définir à posteriori, comme un pied-de-nez à la servilité imposée à leurs ancêtres. Plusieurs portent un nom africain, d’autres n’ont pas la certitude de la filiation qu’offre un document généalogique et revendiquent pourtant un patrimoine "kongo" qui les accompagne au quotidien. D’autres encore ont des héritages exceptionnels, comme la famille Massembo en Guadeloupe qui, de génération en génération, perpétue des pratiques ancestrales en mémoire de leurs aïeux africains lors d'une cérémonie appelée le grap a kongo. Il se dit, dans la famille paternelle de Vanessa, qu’un "homme Kongo se serait allié à son aïeule", dans le sud de l’île après l’abolition de l’esclavage. Pour elle, "Kongo" ne renvoie pas au pays actuel avec ses frontières récentes mais plutôt à un sentiment d’appartenance à une terre d'un autre continent. Les Kongos étaient des travailleurs libres. Ils n’étaient les esclaves de personne. Ces migrants venus d'Afrique et leurs descendants sont surnommés "Kongo" en Martinique et Guadeloupe.