Le terme mandé-sud a été employé pour la première fois sans doute par nous dans l’étude : les langues mandé-sud du groupe mana busa.
Il s’agissait des Busa ou Boko, des Bisa, Sá ou Samo, Bobo, Bë ou Ngan, Mwâ, Nwâ, Gbâ ou Gagou, Gouro et Yaoure, Wë ou Toura, Dâ ou Yakouba, Mana ou Manon.
Ces peuples avaient jusque-là été groupés avec d’autres situés plus à l’ouest : Kpele ou Gueizé, Toma, Gbande, Mende et Soussou, sous l’étiquette mande-fu.
La constatation qui s’imposa rapidement à moi fut d’une part, une réelle parenté entre ces 13 langues — avec des réserves pour le bobo — et d’autre part un hiatus entre celles-ci et les langues de la forêt guinéenne.
J’estimais donc que le groupe dit mand'e-fu était une illusion et qu’il y avait à distinguer plutôt trois groupes : celui des langues mandé-sud, celui des langues de la forêt guinéenne, et enfin les langues du nord dites jadis mande-tan et dont la plus connue est le bambara.
Cette idée fut reprise avec autorité par W. E. Welmers dans un article : The Mande Languages paru en 1958.
Après avoir fait une comparaison lexico-statistique des vocabulaires des langues mandé, Welmers donnait le classement suivant : 1. Division nord et ouest : a. sous-groupe nord : soninké, bambara-malinke, soussou....
b. sous-groupe sud-ouest : kpele, toma, mende....
2. Division sud et est : a. sous-groupe ouest : mana, dâ, gouro, b. sous-groupe est : sya, samo, bisa, busa.