Le prototype du livre est le recueil persan Hazâr Afsânâ, aujourd’hui perdu, dont les éléments constitutifs sont indiens.
On ne sait s’il est transmis oralement ou écrit par des lettrés mais il est traduit en arabe vers le 8e siècle dans la Bagdad abbaside.
À la même époque, Kalila et Dimna, célèbre recueil de fables animalières, venu aussi d'Inde et de Perse, est traduit par le grand prosateur Ibn al-Muqaffa'.
Leur transmission est écrite et non orale comme on le dit souvent.
Ils sont écrits dans une langue qui n’est pas purement classique avec des tournures dialectales mais contiennent de nombreux vers des plus grands poètes.
Les manuscrits circulent dans les milieux lettrés mais servent aussi de base aux conteurs qui, selon leur fantaisie, ajoutent ou retranchent des histoires.
Des personnages historiques comme le calife abbaside Harûn al-Rashîd et son vizir Ja’far apparaissent.
Aux 11e et 12e siècles sous le califat fatimide au Caire, le recueil connaît ses dernières transformations.
Tandis que le petit peuple est dépeint de manière réaliste, de nouveaux contes merveilleux, où la magie tient une large place, prennent naissance.
Au gré des conteurs, le livre s’enrichit ou s’appauvrit.
De nouvelles histoires, autrefois indépendantes, s’incorporent à l’ensemble.